" Le Désir "
30x30cm      Mai 2009


Bienvenue !

Le dessin du mois dernier " La Maîtresse " s'en est allé, et ce pour toujours. Dès le lendemain de sa publication la demoiselle en question a reçu une proposition pour exercer ailleurs. Elle était la dernière page d'un gros carnet d'aquarelle...

Désormais je travaille sur des nouvelles feuilles, au format carré, beaucoup plus épaisses, au grain satiné mais aussi beaucoup plus chères... Travailler sur des matériaux nobles ajoute une pression supplémentaire, la peur de louper et par conséquent de gâcher...

" Le Désir " a la même histoire que " De la Bête à la Belle " : Avant même de commencer à dessiner j'ai en tête l'image de ce que je voudrais faire, une fois la forme esquissée, arrive le moment où je réalise que je deviens le technicien au service d'une image prédéfinie, je sens l'ombre du "savoir faire" alourdir mon poignet.

Dès lors continuer n'a plus d'intérêt, je m'ennuie, me dégoûte, m'énerve... Je ne trouve aucun sens à retranscrire une image définie dans ma tête, sur du papier ... La feuille entre les doigts, je m'apprête à la déchirer, cela défoule, mais laisse aussi un goût amer ( sans parler du prix de la feuille ... ) Perdu pour perdu autant se défouler directement en dessinant dessus avant de la jeter.

L' inhibition de l'envie de bien faire disparaît, la mains s'agite. Le plaisir de transgresser prend le dessus, la couleur gicle, elle déborde des limites convenues, c'est un coït sauvage qui s'opère entre la rigueur noire et profonde du trait au stylo, et la sensualité humide de la pointe du pinceau...

Ces nouvelles feuilles plus épaisses, sont capables d'absorber les passages successifs de mon pinceau gorger de plaisir
sans déteindre, plus mes assauts sont répétitifs plus elle prends des couleurs  ...

Je me suis occupé d'elle toute la nuit, j'ai pu admirer ses couleurs à la lumière du petit matin, j'étais satisfait, mon envie de la finir s'est éteint dans le plaisir de regarder son côté inachevé, déshabillé ...

Quel était son prénom ?... J'ai compris qu'elle devait porter non pas ce qu'elle me montrait , mais ce qu'elle m'a suscité...

Regard brûlant intense et profond, lèvres pulpeuses rouges à croquer.
Petite chatte sauvage à la peau de pêche, couleurs épicées chaudes et offertes. 

Sulfureuse pécheresse, délicieuse maîtresse, je meurs de ce confesse,
tu es le Désir...


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